Soutien scolaire : « L’exclusivité d’inscrire les enfants des populations déplacées internes (PDI) à ce soutien scolaire, fait sa particularité », Salifou SAVADOGO

 Le soutien scolaire est l’un des premiers projets de l’Association Zoodo pour la Promotion de la Femme. Il est financé par l’Association Beogo Suisse avec l’ambition d’aider les enfants scolarisés à mieux réussir à l’école. Nous parlons du soutien scolaire et des activités qui s’y mènent avec le Coordonnateur Salifou SAVADOGO. Il nous donne des éclaircissements sur ce projet intéressant de Zoodo.

Vous êtes le Coordonnateur du soutien scolaire, sur quoi repose le projet soutien scolaire ?

Salifou SAVADOGO: Avant tout propos, permettez-moi de rappeler que le soutien scolaire a été créé en 1998 par l’AZPF, grâce aux initiatives de sa fondatrice, feue Mariam MAIGA et aux financements de l’Association BEOGO-SUISSE. Alors, pour revenir à la réponse de la question, je dirais que : « Le soutien scolaire » consiste à aider les élèves qui sont régulièrement inscrits dans une école de notre zone d’intervention, à acquérir des bagages pédagogiques solides leur permettant d’aller à la conquête du savoir, du savoir-être et du savoir-faire. Nos animateurs et moi-même, se référons aux leçons déjà enseignées par les enseignants des écoles-mères, pour améliorer les parties non maitrisées par les élèves en faisant de multiples exercices suivis de corrections. L’objectif du soutien scolaire est d’améliorer ou de relever le niveau d’instruction des élèves, ce qui facilite le taux d’accroissement de passage en classes supérieures et surtout celui du succès au Certificat d’Etudes Primaire (CEP).

Vos zones d’intervention pour le soutien scolaire ?

Au départ, on a commencé dans les zones rurales, à savoir, Baobané (commune de Ouahigouya) et Wabdigré (commune de Tangaye), ensuite à Ouahigouya. Nous avons été également à Poukma (commune de Ouahigouya). L’insécurité grandissante nous a conduit à abandonner Wabdigré pour s’intégrer à Poukma où nous avons quitté pour ouvrir le soutien scolaire des élèves déplacés de Ouahigouya. En définitive, nous avons trois soutiens scolaires : 1 à Baobané et 2 à Ouahigouya (soutien scolaire de Ouahigouya et le soutien scolaire des élèves déplacés de Ouahigouya).

Quelles sont les activités qui se mènent dans le cadre du soutien scolaire ?

Les activités du soutien scolaire se réalisent le mercredi soir et le samedi toute la journée. Nos activités sont principalement axées sur les disciplines fondamentales (français et calcul), qui consistent à administrer aux élèves des exercices issus des leçons déjà enseignées par les enseignants des écoles-mères. Au cours des corrections, le rappel des règles fait partie intégrante des stratégies pour faciliter l’assimilation correcte des leçons. Les exercices sont multipliés et variés pour permettre aux élèves de connaitre et de maitriser les différentes formes de questions.

Comment se fait le soutien scolaire avec la situation sécuritaire ?

La fondatrice de l’AZPF était très préoccupée de la construction d’un avenir radieux de l’enfant. Elle a négocié auprès du partenaire principal de l’AZPF, l’Association BEOGO-SUISSE pour l’ouverture du soutien scolaire des élèves déplacés de Ouahigouya. L’exclusivité d’inscrire les enfants des populations déplacées internes (PDI) à ce soutien scolaire, fait sa particularité. Nous sommes à la troisième année d’ouverture de ce soutien qui a connu un début pénible pour nous et pour les élèves, à cause de : leur changement de milieu (l’inadaptation du milieu urbain) ; les moments horribles qu’ils ont vécus dans leur localité de terroristes. Pour notre travail avec ces élèves, nous avons d’abord créé un climat de confiance entre nous en procédant par des sensibilisations, des chants et en bannissant toute forme de menaces et de châtiments corporels. Chaque année les résultats scolaires de nos élèves PDI sont satisfaisants. Surtout cette année, les élèves ont reçu de la part de BEOGO-SUISSE, un financement qui les a permis d’avoir du riz, du mais, du savon et d’huile. Nous profitons de vous, pour réitérer nos reconnaissances à notre partenaire BEOGO-SUISSE, leurs multiples soutiens.

Quelles sont vos relations avec les écoles mères ?

Nous sommes de bonnes relations avec les écoles-mères, sans lesquelles on ne pourra pas atteindre nos objectifs. Nous rencontrons les enseignants, surtout les directeurs d’écoles de nos élèves à chaque rentrée administrative. L’objectif est d’afficher et de renouveler notre partenariat avec ces écoles. Ensuite, à la rentrée pédagogique, nos écoles nous reçoivent pour l’identification de nos anciens élèves qui veulent refaire le soutien scolaire. Trois autres visites d’écoles pour la récolte des notes sont à ajouter. Ainsi, nous avons cinq visites officielles dans l’année avec le personnel de nos écoles-mères. D’autres visites peuvent survenir ou ne manquent pas : Donner ou prendre des renseignements (conduite d’un élève, son absence prolongée au soutien).

Y a-t-il des suggestions à faire ?

Les parents d’élèves sont très satisfaits du soutien scolaire et souhaitent sa pérennisation. Quant à nous, nous suggérons qu’on élargisse la dotation en vivres, savon, à tous les autres soutiens scolaires comme celui des élèves déplacés.

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