En 2002 quand Fatoumata Sawadogo intégrait l’association Zoodo pour la promotion de la femme, elle ne s’imaginait sans doute pas qu’elle y resterait jusqu’en 2019 soit 17 ans de carrière dans cette structure. Mais, sa passion pour le développement de la femme rurale l’a amenée à s’attacher à la vision de l’association et à rester très proche de ces femmes qui ont aussi besoin de s’épanouir. De la couture au projet Wash hygiène et assainissement en passant par la gestion des petits stocks de médicaments essentiels avec les femmes villageoises formées à cet effet, la santé maternelle et infantile et le petit crédit aux femmes, découvrez le travail abattu par cette femme aux côtés de la fondatrice de la structure.

 

 

Fatoumata

Communication AZPF : Parlez-nous de votre parcours à l’AZPF


Je suis venue à l’AZPF en 2002 pour faire de la couture dans le centre de Baobané, situé à peu-près 10Km de Ouahigouya. J’avais une formation de couturière et c’était une opportunité pour moi de mettre mes connaissances en pratique. De la couture, je suis passée à la gestion des petites caisses à médicaments tenues par les femmes au niveau des villages en 2004 suite à la volonté manifeste d’une partenaire infirmière désirant travailler sur la santé préventive des populations m’a permis de bénéficier d’une formation sur la gestion des produits pharmaceutiques. L’idée était d’aider les populations à avoir à leur disposition des médicaments essentiels de première nécessité en cas de besoin. J’étais donc chargée de faire le suivi des femmes formées à la des petites caisses à médicament. (Vente des médicaments essentiels comme le paracétamol, parégorique, charbon végétal, alcool à des prix abordables). De la santé mobile, je suis passée à la gestion des centres nutritionnels de 2004 à 2008 à travers un projet sur la santé maternelle et infantile. On faisait des causeries avec les mères sur l’hygiène, sur le paludisme, on faisait des démonstrations nutritionnelles, c’est-à-dire qu’on montrait aux femmes comment préparer la bouillie enrichie pour les enfants de 6 mois à 5 ans pour éviter la malnutrition. On leur expliquait le bien fondé des trois groupes d’aliments, on faisait aussi des projections vidéo. Présentement, je travaille sur le concept WASH qui traite de l’hygiène et assainissement à travers la construction des latrines et l’utilisation des forages, débuté en 2019 pour 3 trois ans et qui concerne 3 villages et les écoles de ce villages..
Je suis aussi responsable de la gestion du petit crédit dans les villages octroyé aux femmes. Un crédit remboursable au bout de 6 mois dont la somme varie entre 25 mille et 75 mille, pour permettre aux femmes d’avoir des activités génératrices de revenus et s’occuper de leurs familles. A Baobané, je fais aussi le suivi de la savonnerie où travaillent 7 femmes dans la production du savon.


A ce jour, quel bilan faites-vous de votre travail à l’AZPF?


Un bilan positif. Je me sens bien, sinon je serais partie depuis longtemps. Je suis contente de travailler avec l’Association zoodo pour la promotion de la femme. J’ai eu beaucoup d’expériences, de formations et ma situation financière a évolué progressivement, me permettant de pouvoir vivre décemment et de m’occuper de ma famille, sans oublier tous les contacts que j’ai pu tisser par le biais de l’association. J’ai eu la chance de voyager et de me côtoyer à d’autres personnes. Au début, c’était très difficile pour amener les populations rurales à comprendre notre objectif qui était le changement de comportement. Dans le cadre de la nutrition particulièrement, c’était difficile, parce que quand des gens sont habitués à un comportement qui à votre sens ne permet pas une bonne santé de la mère et de l’enfant et que vous voulez qu’ils l’abandonnent, ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Avec la santé maternelle, il faut toujours revenir en arrière pour expliquer aux femmes, aux hommes et souvent tu as même le sentiment que le message ne passe pas. C’est très lent. Il faut toujours sensibiliser, faire des formations, trouver des relais dans les villages pour continuer le travail. Mais avec le temps, les mentalités changent progressivement. Aujourd’hui on est satisfait parce que des femmes relais poursuivent le travail bien que le projet soit fini. Le problème qui est là maintenant, c’est l’insécurité qui sévit dans certaines de nos zones d’intervention. C’est compliqué pour nous de mener des activités et nos partenaires aussi n’arrivent pas à visiter les travaux qui se font sur les sites.


Avez-vous un message particulier ?


Je remercie sincèrement Mme la présidente de l’Association Zoodo pour la promotion de la femme pour ce long chemin passé ensemble. J’ai eu des connaissances et j’ai beaucoup appris de la vie associative. Le travail en milieu rural est formateur et intéressant. J’invite les femmes rurales à suivre les conseils qu’on leur donne pour améliorer leurs conditions de vie et la santé de leurs enfants.